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AT–43 : Épilogue de la campagne Damoclès
Palais présidentiel des U.N.A., New Eden, AT–43.
Un secrétaire frappa doucement à la porte de la présidente Archer. Les trois coups furent doux. Leur cadence très rapprochée trahissait cependant la nervosité du jeune homme. La présidente détestait être interrompue lors de ses entretiens stratégiques avec le space marshall Sanchez mais la situation était grave.
– Ah ! Mais qu´y a-t-il, encore ? Entrez !
– Madame Archer, le général MacBright souhaite s´entretenir avec vous. J´ai transféré son appel sur la ligne bleue.
– Pas maintenant. Dites-lui de m´envoyer un rapport et...
– Pardonnez-moi de vous interrompre, Madame, mais je crois qu´il se passe quelque chose sur Damoclès. Le général est formel : cet événement réclame votre attention immédiate.
La présidente Archer fusilla le secrétaire du regard et se ravisa aussitôt. Seuls ses propres enfants osaient ainsi la couper. Si ce blanc-bec osait le faire, c´est que c´était vraiment être important. Dans le cas contraire, il le regretterait.
Le secrétaire quitta promptement la pièce. La présidente des U.N.A. appuya sur le bouton de son communicateur.
– MacBright, ici la Présidente. Je suis en compagnie du space marshall Sanchez. Nous vous écoutons. Quel est le problème sur Damoclès ?
– Ici MacBright, depuis le vaisseau Battleaxe. Mes respects. Je suis content que vous soyez dans le même bureau pour entendre ce que j´ai à vous dire : Damoclès est à la dérive. Nos techniciens ont constaté la multiplication d´erreurs fatales dans le système informatique du monde-usine. Il en manque des portions complètes. Le reste est fractionné. Le système de navigation est déréglé ; la trajectoire de Damoclès devient imprévisible.
– Vous êtes en train de nous dire que son pilotage automatique a planté ? dit la présidente Archer.
– Je dirais plutôt que le poste de pilotage est hors-service, Madame. C´est le chaos. Les machines agissent seules, de manière erratique et souvent agressive. Des secteurs entiers sont en train de s´autodétruire. J´aurais presque pitié des overseers coincés en -2, dans leurs univers imaginaires où ils ne contrôlent plus rien.
– Quel est l´état des troupes ? demanda le space marshall.
– Les orages électromagnétiques provoqués par les systèmes qui rendent l´âme perturbent nos communications. Nos positions sur Damoclès nous permettent cependant de rassembler la famille sans trop de bobos. De nombreuses compagnies manquent à l´appel mais nous avons bon espoir de les retrouver. On se terre dans les bunkers en attendant que ça se calme. Avez-vous des instructions ?
– Tenez vos positions, ordonna le space marshall Sanchez avec l´approbation de la Présidente. Le monde-usine part à la dérive mais nous avons le grappin dessus. Nous sommes les commandants de ce bateau pirate !
La Présidente et le space marshall Sanchez échangèrent un regard. La situation prenait un tournant imprévu. Certains l´auraient considérée comme périlleuse et auraient quitté les lieux ; pour les U.N.A. c´était plutôt l´opportunité de prendre enfin le contrôle de Damoclès !
– Qu´en est-il du Red Blok ? reprit la Présidente.
– Les informations sont désordonnées, Madame. Ils étaient bien plus dispersés que nous à la surface et engagés plus loin dans les profondeurs. Ils évacuent leurs troupes en toute hâte. Les rouges cherchent certainement à s´échapper de l´enfer.
– Qu´ils y restent, ils sont à leur place. Et leur vaisseau amiral, le Pabieda ?
– Les collectivistes ont tenté de détruire Damoclès coûte que coûte, comme nos agents l´avaient prévu. Ils ont foré un abominable trou avec toutes leurs torpilles avant d´y jeter le Pabieda en kamikaze. C´était sans compter sur nos petits gars ! Nous avons profité de la pagaille pour lancer une offensive spatiale ; une escouade de Fire Toad menée par le sergeant Borz a débarqué à bord du Pabieda et a réussi à l´échouer sur Damoclès. Nous avons perdu le contact avec nos hommes mais, au moment où je vous parle, des explosions secouent encore les flancs du vaisseau Red Blok. Dites... Vous croyez qu´ils vont nous en débarrasser ?
– Du Pabieda ou de Borz ?
La présidente Archer, le space marshal Sanchez et le général MacBright se mirent à rire. Le monde-usine Damoclès n´était plus un danger pour Ava et les U.N.A. sortaient vainqueurs du conflit. La victoire, cependant, était loin d´être totale : Damoclès était un monde hostile et secret, un dragon solitaire volant dans l´infini. Les trésors de son antre excitaient déjà les convoitises.
Les White Stars étaient prêts à relever le défi.
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